Vidéo ajoutée le 17 juillet 2018

200 millions d’euros ! C’est le montant des travaux nécessaires à la restauration du Lutetia, l’hôtel mythique construit en 1910 côté rive gauche. Un coût pharaonique pour cette cure de jouvence dont le budget prévu initialement a presque triplé. En effet, il avait été estimé à 70 ou 80 millions d’euros lors du projet de reprise des lieux en 2010.

Le nouveau propriétaire, le groupe Alrov, coté à la Bourse de Tel Aviv, est l’un des plus importants groupes de promotion immobilière en Israël, dirigé par le milliardaire Alfred Akirov. Sa société a racheté le Lutetia en juillet 2010 pour un montant proche de 150 millions d’euros et n’a pas lésiné sur les moyens pour lui rendre toute son âme Belle époque.

Pour rappel, l’hôtel de sept étages, a abrité les services de renseignement allemands pendant l’Occupation puis il a accueilli les rescapés de retour des camps de concentration nazis. Cette opération réalisée par une entreprise israélienne revêt aujourd’hui une dimension symbolique.

Côté esthétique, “le pari est gagné. Le Lutetia n’a pas perdu son âme”, s’est félicité son directeur général, Jean-Luc Cousty (AFP). Après 4 ans de rénovation, le travail mené par l’architecte Jean-Michel Wilmotte est à la hauteur de ses attentes. Il faut dire qu’il a réussi à combiner modernité et héritage en sublimant des détails historiques découverts au cours de cette restauration d’envergure.

Par exemple, des fresques qui avaient disparu sous plusieurs couches de peintures au cours des dernières décennies ont pu être restituées. Et des vitraux classés monument historique datant également de 1910 ont pu être délicatement restaurés.

L’hôtel a accueilli le 12 juillet dernier ses premiers clients depuis quatre ans, dans un décor à la fois sobre et luxueux doté de couloirs en bois sombre d’eucalyptus, d’un spa et d’une piscine de 17 mètres de long, de lustres discrètement Art déco, et de précieux marbre blanc veiné de gris.

Dans les chambres, chaque baignoire a même été taillée dans un seul bloc de presque 2 tonnes. Du marbre de Calacatta, variété de marbre italien précise une hôtesse de cet hôtel emblématique aux murs chargés d’histoire.
Depuis 1910, l’imposante façade art déco du Lutétia se dresse en bordure du quartier Saint-Germain-des-Prés, en face du grand magasin le Bon Marché et a accueilli bon nombre d’illustres clients.

Témoin du renouveau artistique de l’entre-deux-guerres, il a par exemple reçu Pablo Picasso, Henri Matisse, André Gide ou encore André Malraux.

Le Général de Gaulle y est même venu dormir pour sa nuit de noces avec Yvonne. Albert Cohen y a écrit son chef d’œuvre Belle du Seigneur et la chanteuse Joséphine Baker s’y rendait en compagnie de ses nombreux enfants.
Plus récemment venaient y séjourner Bernard Lavilliers, Gérard Depardieu ou encore Isabelle Huppert, pour ne citer qu’eux.

« Ici le prix d’une suite junior est le même qu’une chambre dans les hôtels luxueux de la rive droite… » se targue le directeur de l’établissement germanopratin, doté de 184 chambres et suites. Il faudra tout de même débourser en moyenne 800 euros la nuit.

Mais vous pouvez simplement venir siroter un cocktail dans le mythique bar restaurant Joséphine, où la lumière a été restituée grâce à la création d’un patio, « la plus belle pièce » selon le directeur du Lutetia. Vous pourrez y admirer les fresques d’antan restaurées, juste pour le plaisir des yeux, dans une ambiance très jazzy. Et en semaine une formule déjeuner est proposée à 38 euros. Par contre, la brasserie dirigée par le chef Gérald Passédat n’ouvrira qu’à la rentrée.

Plusieurs palaces parisiens ont mené de profonds travaux de rénovation ces dernières années : ainsi le Ritz a rouvert en juin 2016 et l’hôtel Le Crillon en juillet 2017, tous deux après également quatre années consécutives de travaux.

L’enjeu pour le Lutetia, situé 45 boulevard Raspail, est de décrocher maintenant une cinquième étoile pour accéder au cercle restreint des établissements parisiens très haut de gamme. Une distinction qui pourrait bien lui être décernée compte tenu de ses nouveaux atouts déployés.

Affaire à suivre…

Alexandra Boquillon

Source : AFP

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