Vidéo ajoutée le 09 juin 2016

Interview de Christophe Grouas, Directeur Général Adjoint de iAssure, un des acteurs du courtage d’assurance emprunteur en France.

1 – On entend de plus en plus parler du poids élevé de l’assurance emprunteur qui représente jusqu’à 30 ou 40% du coût total d’un crédit immobilier. Comment analysez vous cette proportion élevée ?

30 à 40 % c’est par rapport aux intérêts car les taux sont extrêmement bas. Il est vrai que l’assurance est un service qui assure un capital donc quand vous la ramenez à des taux extrêmement bas, c’est un rapport qui augmente de manière sensible, c’est mécanique. En réalité, l’assurance emprunteur assure essentiellement votre capital, donc en cas de décès je suis couvert en capital; en cas d’arrêt de travail, ma mensualité est composée essentiellement de capital.

2 – Vous dites que les mensualités sont essentiellement composées de capital. Pouvez-vous illustrer votre propos ?

Si vous prenez l’exemple d’un prêt de 120 000 € sur 20 ans (prêt moyen en France) avec un taux de 1,86 %, vous avez 70 % d’amortissement de capital dès la première année. C’est-à-dire que si je me trouve un arrêt de travail dès la première année, mon assureur ne va rembourser que 30 % d’intérêt environ et 70 % ce sera du capital. Donc on voit bien qu’on ne peut pas comparer le prix de l’assurance avec le poids des intérêts car encore une fois en cas de décès ou d’arrêt de travail, l’assureur se retrouve à payer du capital. Il faut ramener le poids de l’assurance à l’ensemble de ce qui est assuré et donc on est plus près de six ou 7 % du poids de l’assurance, c’est déjà un budget conséquent mais ce n’est pas 30 à 40 % comme on peut le lire car dans l’absolu sur un prêt à taux zéro ce serait 100% du coût du crédit et ça ne voudrait toujours rien dire…

3 – Mieux vaut choisir un contrat groupe ou un contrat individuel ?

Ça dépend du profil : quelqu’un de très jeune, qui ne pratique pas de sport, qui n’a pas une profession à risques ou estimée comme telle par les assureurs, a priori, c’est un profil plus intéressant en contrat individuel. Mais quelqu’un âgé de 50 ans, qui fume, qui fait des travaux en hauteur, naturellement va être moins cher en contrat groupe. Mais attention c’est vraiment au cas par cas c’est vraiment une question de profil et les exclusions comptent beaucoup. Quelqu’un qui est jeune, qui ne fume pas, n’exerce pas de profession à risques en 2016 mais qui en 2022 se met à faire du ski hors-piste par exemple, a tout intérêt à garder le lien avec son assureur et le prévenir, si c’était notoirement exclu dans son contrat (alors que ce genre de sport est rarement exclu du contrat groupe par exemple). C’est vraiment une question à la fois de situation à la souscription et d’essayer en plus de se projeter dans le contrat qui correspondra au projet que l’on peut avoir notamment au niveau professionnel et/ou sportif. Le travail du conseiller est de faire en sorte que le choix du client soit éclairé et qu’il comprenne ce qu’il achète. Il n’ achète pas juste un prix, il achète surtout des garanties. En cas de problème c’est vraiment important. Bien souvent l’assurance emprunteur est la clé de voûte du patrimoine des familles en accession à la propriété : c’est souvent le seul contrat d’assurance-vie de ce montant et le seul contrat capable de couvrir une mensualité de crédit. Dans beaucoup de familles on n’a pas une assurance vie supplémentaire de 100 000 ou 200 000 €. Souvent c’est la seule assurance, donc elle est très importante et elle doit être choisie avec beaucoup d’attention.

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