Vidéo ajoutée le 19 octobre 2015

Yann Jehanno, directeur exécutif du réseau Laforêt

Quelle part de marché représentent les investisseurs chez Laforêt?

En 2011, les investisseurs représentaient 17 % des transactions de notre réseau. En 2013, leur part ne représente plus que 10%. Il faut distinguer deux catégories d’investisseurs : D’une part, les investisseurs patrimoniaux qui cherchent à se constituer un patrimoine immobilier, à générer des revenus complémentaires pour leur retraite notamment (il s’agit bien souvent de fonctionnaires ou de cadres intermédiaires). Et d’autre part, des investisseurs beaucoup plus aguerris, en retrait du marché immobilier depuis l’annonce du spectre de la loi Alur en 2012, votée en 2014. Les investisseurs craignent que l’encadrement des loyers soit généralisé à toute la France. Ils attendent une politique beaucoup plus incitative et beaucoup moins interventionniste.

Pour l’encadrement des loyers, faute de données l’Olap n’a pas pu calculer un loyer médian de référence pour chacun des 80 quartiers administratifs de la capitale. L’Observatoire des loyers de l’agglomération parisienne a dû procéder à des regroupements de quartiers pour établir au final 14 zones. Par exemple la zone 2 regroupe Saint-Germain-des-Prés dans le 6ème arrondissement avec Saint-Merri dans le 4ème arrondissement ou encore Chaussée d’Antin dans le 9ème. Qu’en pensez-vous?

Effectivement l’Olap a défini 14 zones à la cohérence plus ou moins évidente. Au-delà de cet exemple, on peut citer la zone 11, qui met sur un même plan des quartiers du 14ème, 17ème et 20ème arrondissement. Le risque de cette méthode est de tirer les loyers médians vers le bas et de dégrader davantage la rentabilité locative. Il est important de signaler que le niveau élevé des loyers parisiens est étroitement lié à l’insuffisance de l’offre. Et l’encadrement des loyers risque d’assécher encore plus le parc locatif privé.

L’offre ne se reconstitue pas. Vos stocks sont au plus bas depuis 5 ans.Que faire pour fluidifier le marché?

Entre une zizanie fiscale, des erreurs de diagnostics et une folie règlementaire, la politique du logement est aujourd’hui dans une situation d’échec. Il faudrait aider les ménages aux revenus les plus modestes, alléger les droits de mutation (les frais de notaire)…et enfin il faudrait supprimer la taxation sur la plus-value après 7 ans de détention.

Propos recueillis par Alexandra Boquillon

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